BONITAS / BONITATIS : de bonne qualité

Le nom du domaine, provient de ce mot latin, qui a aussi donné le terme provençal de Bonisso (bonnes herbes)… BONICE, comme les exploitations voisines de Campuget, Rozier et la Marine, a pu être crée par un des vétérans de la 6ème légion à qui Jules César attribua, en 46 av J.C, un domaine foncier en récompense de ses longues années de services; La forme de la propriété, appuyée sur une limite du cadastre d’Orange, l’emplacement des bâtiments sur le point le plus élevé et la disposition des constructions, rappellent la Villa agricole typique de l’époque Gallo Romaine ; BONICE est situé à 3,5 Km, de la voie romaine la plus importante de la région, la Via Domitia reliant la Porte d’Auguste de Nîmes à la ville d’Ugernum (Beaucaire) et à 2 km de la route reliant Nîmes à Arelate (Arles). L’emplacement de BONICE ne doit rien au hasard. Cette Villa était un point d’observation permettant, avec ses voisines de la Costille, Campuget, Rozier, la Marine, Touzols et Sauset, de relier visuellement la Tour Magne de Nîmes avec Arles et Beaucaire ; BONICE et son légionnaire fondateur participèrent donc à l’aménagement de la Provence Romaine avec une double fonction agricole et militaire. Les vestiges romains visibles dans la construction sont constitués par les pierres monumentales des soubassements de murs et par l’excavation c reusée dans la cave pour recevoir les « Dolia »


 

"BONISSE" SOUS LOUIS XIV BONICE

apparaît en 1671 dans le Compoix de Nîmes, puis en 1733 dans les papiers de la famille Séguret, et est cartographié dans les plans du Royaume de France établis par la famille Cassini (*) vers 1700. MANDUEL ne comporte alors que les domaines de Campuget, Rozier et BONICE dans son territoire ; BONICE a pu traverser le Moyen Age grâce aux choix qu’avait fait son fondateur romain 17 siècles plus tôt …La ferme est alors fortifiée. Elle comporte un puit et un four intérieurs ainsi que des meurtrières et oeils de bœuf sur ses murs en rez de chaussée ; Les guerres de religions entre Catholiques et Protestants ont été féroces dans les alentours de NIMES et chaque propriété devait s'en protéger. La tradition orale veut que BONICE ait abrité une compagnie de soldats du Roi, ce que semblent attester les mangeoires et la cour contiguë de l’ancienne écurie. Puis la maison aurait été transformée en hôpital …


 

BONICE ET NAPOLEON NAPOLEON

empereur des français et gestionnaire avisé, fait "relever" en 1809 la propriété de Bonice, ses terres et ses cultures, en établissant le Cadastre (*) de France. Le quartier se dénomme alors « ROZIER ET BONISSE » et le domaine prend le nom de son nouveau propriétaire, le citoyen Murgeas, qui l'acheta à Pierre Baudoux en 1801. A la même époque Rozier pris le nom de Camus. BONICE a déjà en 1809 ses dimensions d’aujourd’hui, ses 50ha de terres sont ceux exploités de nos jours. Ses cultures sont la vigne et les oliviers et ses bâtiments sont exactement les mêmes. L’écurie seule a été déplacée de 3 m, peut-être à cause de la destruction du four qu’elle englobait, et reconstruite sans les voûtes qui la séparaient de la carrière des chevaux. La famille Murgeas, riches négociants en vins de Nîmes qui habitaient les "Trois Maures" face aux Arènes, possédait aussi le Château de Rodilhan, village voisin de Manduel. Les vins des deux propriétés étaient vinifiés à la cave de Bonice qui comprenait alors 16 foudres identiques à ceux d'aujourd'hui. Le portail, emblème des vins de Bonice a du être construit, et mis en place à cette époque prospère, car il semble s'inspirer de celui du Château de Rodilhan. BONICE garda le nom de Murgeas quelques décennies, puisqu'il apparaît ainsi en 1866 sur la carte d’état major (*) établie par les ingénieurs militaires de Napoléon III. A ce moment là apparaît un 4ème Mas, la Marine Neuve, dénommé des 1882 Mas Sainte Olympe, qui n’eut qu’une existence très courte. Il fut en effet détruit en 1965 lors de la création de la station fruitière actuelle de Ste Olympe, spécialisée en pêches, nectarines et abricots. Le phylloxéra et la crise viticole, les 2 guerres mondiales ont entraîné pour BONICE et les propriétés voisines une réduction d’activité et un désengagement des nombreux propriétaires successifs. BONICE était même abandonné pendant la deuxième guerre mondiale et servait, l'été, de rendez vous aux amoureux du pays et, l’hiver, d'abri de chasse pour les nemrods de Manduel.


 

 

BONICE et le GENERAL DE GAULLE

Le général De Gaulle réveilla BONICE en lançant d'important travaux d'aménagement du Languedoc. Philippe Lamour grâce aux travaux d’amenée d'eau d’irrigation, qu'il mit en oeuvre à partir du Rhône, permit d’envisager les cultures d’arbres fruitiers pour compléter celle de la vigne. Il modernisa les techniques viticoles jusqu'à faire obtenir l'AOC aux "Costières du Gard" en 1986. BONICE accueilli alors les familles Bailly, Macia, puis Fraisse qui plantèrent des amandiers, pêchers, pommiers, jusqu’à dénommer l’exploitation « La Fruitière ». Messieurs Fraisse eurent cependant soin de conserver l’activité viticole, en aménageant la partie moderne de la cave de vinification actuelle et en plantant 10 Ha50 de Grenache et Syrah que nous appelons aujourd’hui les « vieilles vignes ». Le vin de Bonice, Costières du Gard, puis par la volonté de Mr Bousquet, Maire de Nîmes, Costières de Nîmes en 1989, était alors vinifié par Camille Blanc et Claude Valentin pour être vendu, en vrac assemblé avec d'autres vins des Costières. BONICE était alors plus connu par l’excellence de ses fruits, qui profitaient tout autant que la vigne de ce magnifique sol de galets roulé que lui a donné le Rhône ……


 

 

 

CHATEAU BONICE Le 29 février 1996,

Philippe BOIS acquis les terres et bâtiments de Bonice pour renouveler et conforter son exploitation arboricole, le Mas Ste Olympe, jouxtant au sud la propriété de BONICE. Il fut dissuadé de se séparer des vignes par toutes les personnes en charge des vinifications des vins de Bonice, et pris le risque et le plaisir d'embouteiller sous le nom de Vignoble Bois & Fils, dés les vendanges de 1996. LE CHATEAU BONICE 1996, première cuvée mise en bouteille au domaine obtint d’entrée une médaille d’argent au concours des Jeunes Agriculteurs du Gard en 1997. Les efforts de Claude Valentin, œnologue conseil de l’ICV et de Camille Blanc, chef de culture, étaient récompensés, et Philippe BOIS rassuré sur la qualité de son acquisition. Ce vin fut la première et dernière mise en bouteille de Camille Blanc, avant son départ en retraite. Philippe BOIS entrepris entre 1998 et 2000 la replantation de 10 ha de vignes autour du Château, à l'aide des conseils de Gilles Sube, de la Chambre d'Agriculture et de Pierre Darlix pépiniériste. Ces jeunes vignes de Grenache et Roussanne pour les blancs, et de Mourvèdre, Syrah et Grenache pour les rouges, participent déjà aux assemblages des vins du Château. Médailles et distinctions ont régulièrement depuis 1997, confortées l’excellence du terroir de BONICE, mis en valeur par des personnes qui l’aiment, comme les œnologues, Claire Huguenot, responsable viti et vinicole de la propriété, et Edouard Médina, oenologue conseil de l'ICV. Bonice, grâce à eux, peut être fier et mériter de porter le nom qu' a donné il y a 20 siècles, un vétéran romain au cadeau qu'il recevait de Jules César: Bonitatis: de bonne qualité.

 


 

 

 

Mis à jour ( Vendredi, 20 Novembre 2009 12:16 )